G8 en France à Évian Juin 2003
Les casseurs arrivent... et repartent en ambulance!


https://www.youtube.com/watch?v=dClnCSK8H0A
Ajoutée le 15 mars 2012

1er juin 2003 – G8 ÉVIAN – France

À la frontière entre la Suisse et la France, à 200 mètres de l’entrée d'Annemasse, il y a une station-service devant laquelle passe la manifestation anti-G8 qui se dirige vers la France.
Elle a été pacifique tout le temps.
Cette station était, pour l'occasion, barricadée par des barrières recouvertes de plastique blanc jusqu'à 2mètres environ. Ce détail aura son importance pour la suite des évènements, car l'accès au parking et la séparation avec l'autoroute sont également barricadés de la même manière.
Pourtant, cette dernière installation ne présente aucun intérêt, si ce n'est celui de cacher les éventuels va-et-vient des véhicules de l'autre côté de l'autoroute.
Donc, les manifestants ne voyaient pas ce qui se passait derrière.
Étant, par hasard, sur le talus de l'autre côté de l'autoroute, face à la station, j'ai pu tourner ce film et enregistrer les évènements qui s’y sont déroulés.
À un moment donné, un véhicule blanc arrive sur le parking, tous gyrophares allumés.
Sur le coup, je pense que c'est un véhicule de police.
Je ne vois que sa partie haute une fois qu’il est arrêté.
Les portes s'ouvrent, des ombres jaillissent et, quelques secondes plus tard, ces personnes passent, en sautant par-dessus, la barrière qui sépare le parking et la station.
Ils attaquent la boutique cassant les portes et les baies vitrées, puis y pénètrent pour voler les bidons d'huile qui se trouvent dans les vitrines.
Mais, au lieu de partir avec leur butin, comme tous vrais casseurs, les attaquants jettent les bidons dans la foule, espérant inciter les manifestants à les rejoindre pour finir le saccage de la station.
La foule se rend compte de ce qui se passe et se met à siffler les casseurs, mais ne répond pas à la provocation et refuse de prendre les bidons jetés sur l’autoroute.
C'est à ce moment-là que les groupes les plus radicaux des contestataires passent devant la station.
Mais, là encore, rien ne se passe du côté des manifestants, si ce n'est quelques personnes qui essaient, sans succès, d'attraper ou de repousser les casseurs très mobiles.
La foule se met à siffler les casseurs de plus belle.
Après trois minutes environ, le véhicule blanc (que je pense être un véhicule de police) fait demi-tour et se prépare à partir.
Après cinq minutes, un sifflement strident se fait entendre et la demi-douzaine de casseurs quittent la station et courent vers le véhicule, qui se révèle être une ambulance.
Les portes claquent et le véhicule disparaît par le chemin par lequel il était venu, derrière la station.
Il faut savoir que toute la zone est bouclée par les forces de police (à ma connaissance, aucun véhicule à gyrophare n'a été arrêté).
Au même moment, selon certaines informations entendues dans les médias, les participants d’un sit-in pacifique à Genève étaient matraqués sans raison, alors qu'ils étaient assis, calmes et immobiles.
Peu après, sur TF1, je vois un reportage filmé à partir du pont qui se trouve juste après la station, côté français.
Le reporter parle des casseurs qui seraient issus des manifestants, ce qui est faux et était probablement bien visible depuis le pont.
Je propose ma vidéo à TF1 pour «compléter» son reportage.
Aucune suite n’a été donnée à mon offre.
Bien des années après les évènements, je me suis rendu compte, en réexaminant la vidéo avec précision, que le véhicule en question n'était pas un véhicule de police mais une ambulance.
Il appartenait à une entreprise importante d'ambulances de Genève… si l'on se fie à la marque apposée sur le rehaussement du toit du véhicule. Véhicule maquillé, volé, loué, prêté? Je n’ai pas la réponse.

Moralité: il faut que la non-violence soit encore et toujours la règle immuable quand les bâtisseurs que nous sommes participent à des manifestations.
Une façon de déjouer les éventuelles manipulations, et aussi, peut-être, une façon de voir qui est au service de ceux qui cherchent à utiliser la violence pour jeter le discrédit sur une manifestation, ou pour en tirer un profit matériel.

Ce scénario semble avoir été répété à Athènes en février 2012.

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